![]()
LE CORPS DE L'ARBRE

L'EXPOSITION
Il y a plus de trente ans, j’écrivais:
«Chercher le trait. Mais que le tracé en annule le poids et qu’il n’en reste que le délié».
Plus tard, j’ai reconnu ce trait, lorsque j’ai commencé à pratiquer la calligraphie chinoise et que j’ai découvert à travers les travaux de François Cheng un espace pictural où dessin et peinturene font qu’un dans le trait de pinceau porté par le souffle. Depuis, cet art du trait inspire ma façon de travailler, quel que soit le moyen choisi (encre, aquarelle, etc., en peinture, gravure, dessin).
Le trait est inscription de l’énergie du corps qui peint, dessine ou grave ce que lui montrerait du monde un œil dont la vision serait d’abord tactile. Inscription sans repentir, jaillie de la concentration dans l’espace de l’instant, plénitude de l’immédiateté.
«Je suis ce que je vois», pour reprendre la belle formule d’Alexandre Holland. Dans les encres, gravures et photos présentées ici, je cherche à exprimer une connivence
avec le monde définie au-delà de l’opposition entre sujet et objet. Dans ce sens, je suis ce corps qui trace le corps de l’arbre et s’y reconnaît, comme dans chacun des troncs, ou dans l’espace enveloppant et scintillant de la forêt primitive. La perception intériorisée
est restituée au monde à travers l’œuvre.
Depuis plusieurs années, le thème de l’arbre est récurrent dans mon travail. Au-delà de la métaphore, la série Le corps de l’arbre souligne de manière particulière, outre l’idée de la co-naturalité entre l’humain et le monde, l’homologie de formes qu’on retrouve dans la nature à des échelles différentes. La série de gravures Amazonie s’inscrivent dans la
même perspective et la prolongent dans la dimension de l’imaginaire. Les photos
transformées en noir et blanc intitulées Présence témoignent du regard que je porte sur mes sources d’inspiration. Dans la série de gravures Quel jardin?, les références au corps, aux végétaux, voire au paysage maintiennent une ambiguïté, d’où l’interrogation plutôt que l’affirmation d’une métaphore.
![]()
© Galerie d'art contemporain Visual Voice
L'ARTISTE
Béatrice Sokoloff
• Née en Suisse en 1943, je vis depuis 1968 au Québec, où j’ai fait carrière à l’Université de Montréal. Au début des années ’70, j’ai pratiqué le dessin et la peinture, avant de terminer ma thèse de doctorat.
• Début des années ’80: Formation pendant trois ans à la calligraphie et à la peinture chinoise à l’atelier de Virginia Cheng à Montréal.
• 2001-2003: Cours à l’École des beaux-arts du Centre des arts Saydie Bronfman et à l’atelier de Claire Sugai.
• 2003-2004: Réalisation de la série Le corps de l’arbre.
• 2005: Série des Nus. Voyage en Amazonie. Série de dessins Dans la forêt. Cours de gravure à l’École des beaux-arts du Centre Saydie Bronfman.
• 2006: Série de gravures Amazonie. Membre de l’Atelier de gravure du Centre des arts Saydie Bronfman. Participation à l’exposition collective de l’Atelier à l’Espace Deux du Centre Saydie Bronfman, du 25 mai au 4 juin. Cours intensif à l’EINA de Barcelone en juillet (gravure en couleurs, viscosité).
• 2007: Membre de l’Atelier Circulaire à Montréal. Série de gravures Quel jardin?
Dates d'exposition :
13 - 23 septembre 2007
